Blogue

Image title

Été 2022

Le corps de plage !

L’ÉTÉ ! Oh yeah ! La saison estivale est arrivée ! Le rêve : Les journées à la plage avec les enfants à bâtir des châteaux de sable, ou encore seule sur une serviette de plage en lisant un bouquin ; les samedis après-midi sur le bord d’une piscine avec des amies en train de siroter un mocktail ; une journée en amoureux sur le bateau ; du bronzage, de la baignade, de la chaleur, de la bonne compagnie, du plaisir…

SSSTTTOOOPPPP !

Vous me voyez venir ? V’là qui arrive l'auto jugement, la peur du jugement des autres, l’autocritique, la honte, l’insécurité et les messages du passé qui refont surface ! 

Dans cet article je ne voulais pas m’attarder à comment les femmes, individuellement, mais aussi en groupe, sont arrivées à ressentir tout ça, à en faire une habitude, quelque chose que l’on accepte. Je veux plutôt que l’on prenne un moment ensemble pour revendiquer nos droits face à notre corps. Rendre hommage au corps de femme, sous toutes ces formes et suite à toutes ses épreuves surmontées. 

Qu’on y voit un bourrelet ou cinq ; que l’on se considère mince ou grosse ; qu’on y voit du poil ou non ; qu’on soit bronzé ou pas du tout ; que l’on ait des cicatrices ou des tatouages ; que l’on soit enceinte ou en train d'allaiter ; que l’on porte un maillot une pièce, un tank-kini, un short et tee shirt ou un bikini ; que l’on soit en public ou en privé : 

LE CORPS D’UNE FEMME N’EST PAS UN OBJET.

LE CORPS D’UNE FEMME N’EST PAS UNE POSSESSION OU UN ACQUIS.

LE CORPS D’UNE FEMME NE DOIT PAS ÊTRE JUGÉ PAR QUI QUE CE SOIT.

LE CORPS D’UNE FEMME NE DOIT PAS QU’ÊTRE FAIT DANS UN MOULE.

LE CORPS D’UNE FEMME NE DOIT PAS ÊTRE CONFORME AUX ATTENTES INATTEIGNABLES DE LA SOCIÉTÉ.

LE CORPS D’UNE FEMME NE DOIT PAS ÊTRE CONTRÔLÉ POUR ESSAYER DE NE PAS ÊTRE AGRESSÉ.


Je vous propose de changer cette perception de notre image corporelle et de notre droit d’être respecté et bien dans notre « beachbody » : 


LE CORPS D’UNE FEMME EST UN CHEF D’ŒUVRE, DANS SA BEAUTÉ, MAIS AUSSI DANS SES HABILETÉS.

LE CORPS D’UNE FEMME LUI APPARTIENT À ELLE SEULE.

LE CORPS DE CHAQUE FEMME DOIT ÊTRE RESPECTÉ DANS SON ENTITÉ.

LE CORPS DE CHACUNE EST UNIQUE ET BEAU.

LE CORPS D’UNE FEMME DOIT FAIRE PREUVE DE SOLIDARITÉ AVEC CELUI DES AUTRES.

LE CORPS D’UNE FEMME DOIT ÊTRE UNE FIERTÉ, PEU IMPORTE LES ATTENTES SOCIÉTALES. 

LE CORPS D’UNE FEMME NE DOIT PAS ÊTRE AGRESSÉ.


Alors, cette année soyez fière de votre corps de plage, peu importe sa forme, sa couleur, ses marques de son unicité. 

Toutes ont le droit de profiter de l’été. N’oublie pas que la solidarité entre femmes doit primer sur le jugement entre nous. Ensemble nous arriverons à changer ces mentalités et ces attentes.

Ceci dit, bon été et je vous souhaite plein de temps en bikini !


Julie Delorme

Intervenante, leader en intervention individuelle

Et femme prête pour la plage !

Juin 2022

La cyberagression sexuelle et l’exploitation sexuelle en ligne, à l’égard des enfants

   Par: Danielle Hnatyshyn

Ce n’est pas un secret que la jeunesse d’aujourd’hui existe dans un monde entouré d’électroniques ; la tablette, la télévision, le téléphone, etc. Depuis la pandémie, notre réalité a changé et nous nous retrouvons encore plus fréquemment devant un écran. Est-ce que nos enfants et adolescent.e.s sont à l'abri de la cyberagression sexuelle? Malheureusement, non !

Mais, qu’est-ce que la cyberagression sexuelle ? Nous pouvons penser que les agressions à caractère sexuel se commettent en personne avec des touchés physiques, mais il y a aussi des formes d’agression sexuelle qui ne requièrent pas de présence ou de touché physique, tel que, la cyberagression sexuelle.

L'agression à caractère sexuel est un acte de domination, d'humiliation, d'abus de pouvoir et de violence et un acte criminel. Il est principalement commis envers les femmes et les enfants contre leur volonté. L’agression sexuelle peut être commise avec ou sans contact physique, de façon isolée ou répétée.

La cyberagression sexuelle est lorsque l’agresseur utilise la technologie comme moyen pour harceler et manipuler la victime à des fins sexuelles. En voici quelques exemples :

  • Diffuser des photos, vidéos à connotation sexuelle de soi-même ou d’une autre personne;
  • Faire des commentaires sexuels ou des avances sexuelles;
  • Faire des commentaires blessant sur l’orientation sexuelle ou sur la vie sexuelle d’une personne.

L’exploitation sexuelle est lorsqu'une personne oblige une autre personne de lui offrir des faveurs sexuelles en échange d'argent, de nourriture, de vêtements, ou toute autre forme de paiement ou de gratification. L’exploitation sexuelle inclut aussi la production et la diffusion de matériel pornographique, sans le consentement de la personne visée. La prostitution de personne de moins de 18 ans, la pornographie juvénile et l’exploitation sexuelle d’enfants et d’adolescent.e.s sont des actes criminels et sont punies par la loi.

Voici les faits seyants ressortis de l'étude faite par Statistique Canada (2022) sur l’exploitation sexuelle des enfants et la violence sexuelle en ligne à l’égard des enfants, au Canada.

  • De 2014 à 2020, la police a déclaré 10 739 affaires d’infractions sexuelles en ligne contre des enfants (dans lesquelles la victime avait été identifiée par la police) et 29 028 affaires de pornographie juvénile en ligne (dans lesquelles la victime n’avait pas été identifiée).
  • Le leurre d’enfant représentait la grande majorité (77 %) des infractions sexuelles commises contre des enfants en ligne, 7 sur 10 (73 %) étaient des filles de 12 à 17 ans et 13 % étaient des filles de moins de 12 ans. Les garçons de 12 à 17 ans représentaient quant à eux 11 % des victimes et les garçons de moins de 12 ans en représentaient 3 %.
  • Environ 2 victimes d’infractions sexuelles contre des enfants en ligne sur 3 (65 %) ont été ciblées par un étranger (39 %) ou une simple connaissance (25 %), et près de 1 victime sur 4 (23 %) a été ciblée par un ami (8 %), un membre de la famille (7 %) ou un partenaire intime (7 %).

Bien qu’il y a des avantages à la technologie et l’utilisation de l’internet, ils comportent aussi de grands risques notamment chez les enfants et adolescent.e.s. Il est important pour nous, les adultes, de s’éduquer et d’éduquer nos jeunes. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez recevoir plus d’information concernant l’agression sexuelle, la cyberagression sexuelle et l’exploitation sexuelle. Il nous fera plaisir de vous renseigner et de répondre à vos questions ! 

Ressources: Statistiques Canada (2022). https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/85-002-x/2022001/article/00008-fra.htm

Mai 2022

Mai: le mois de la prévention de l'agression sexuelle

Par: Julie Delorme


Nous voilà déjà en mai. Le printemps est bien entamé, les fleurs arriveront sous peu et le soleil est de plus en plus présent. Le mois de mai est aussi le mois où l’on célèbre les mamans de ce monde. Le mois de mai est une période de l’année avec de la pluie, du soleil, de la bouette, du jardinage, et encore plus. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un genre d’éveil, de sortie d’hibernation et de grand espoir pour la saison estivale à venir.

Pour le Centre Novas, le mois de mai a aussi une autre signification. En fait, le mois de mai est désigné, le mois de la prévention de l'agression sexuelle. Dans ce nouvel article, tu vas allez pouvoir lire un petit trait d’explications, suivi de nos espoirs et de l’importance qu’on attribue à ce mois. Nous terminerons avec quelques idées pour t’inspirer, pour que toi aussi, tu profites de ce mois de mai, pour poser un geste qui nous aidera à poursuivre cette quête, qui est, d’éliminer de la violence sexuelle.

D’abord quelques explications. L’agression sexuelle est une violence faite d’un humain envers un autre, pour du contrôle, de l’humiliation et du pouvoir. Malheureusement, même en 2022, dans une société plus « ouverte, respectueuse, libre et égalitaire », la violence sexuelle est toujours aussi présente. L’agression à caractère sexuel encore à ce jour représente une femme sur trois : victime – au courant de sa vie – (AOCVF) ; 1 fille sur 5 et 1 garçon sur 10, victime – avant l’âge de 18 ans – (Fondation Marie-Vincent). Certes, un mois réservé à sa prévention est encore très pertinent. La prévention, sensibilisation et l’éducation est un moyen extrêmement important et utile dans la dénonciation et l’élimination future de la violence sexuelle.

Évidemment, nous prenons l’opportunité, encore une fois, durant ce mois, pour promouvoir la résilience, le courage et la force de toutes ces victimes et survivantes. Ces personnes qui ont eu le courage d’en parler, de briser le silence ; ces personnes qui, à leur tour, aident, à leur manière, à la revendication des droits à la sécurité, la liberté et l’égalité/équité de toute personne.

Depuis l’ouverture du centre, nous mettons de l’avant l’importance de cette lutte pour la prévention, sensibilisation et l’éducation face à la violence sexuelle. Nous croyons que pour y arriver nous devons constamment mettre en lumière les impacts des agressions, militer pour nos droits, et assurer l’implication de chacun et chacune. Nous avons donc bâti et utilisé plusieurs outils. En voici un aperçu très court des dernières années. Au niveau scolaire : ateliers/ programmes pour enfants de la maternelle à la 12e année, pour le personnel et pour les parents/familles. Au niveau des femmes : café rencontres, groupes pour femmes de 65 ans et plus, SEPT femmes, ateliers et activités divers, groupes pour jeunes filles leader de notre communauté (Ma voix mon futur ; Jeunes femmes en actions), etc. et enfin, des évènements de sensibilisation au niveau communautaire : la marche des femmes (La rue, la nuit, femmes sans peur !), la marche des hommes (Un mile en talons hauts), participation à l’organisation des journées internationales pour femmes et filles, programme LGBTQui?, et encore plus. Nous tenons à ces programmes et évènements qui font parler, qui portent à réflexion et qui apportent des changements positifs !

Bon, bien beau tout cela, mais toi dans tout ça ? Qu’est-ce que tu peux faire ? Comment peux-tu t’impliquer ? Comment peux-tu faire une différence ? Voici quelques idées en rafales !

  • Informe-toi ! Ouvre un livre, regarde un pamphlet, appel au centre, fait des recherches sur internet ! Plein d’informations sont disponibles gratuitement !
  • Implique-toi ! Fais du bénévolat, joint un comité organisationnel, demande à ton travail/école d’organiser quelque chose !
  • Ose ! Ose dénoncer les injustices. Ose dire à ton ami que cette « blague » là n’est pas appropriée. Ose défendre la victime de commentaires sexistes.
  • Réfléchis ! Prends le temps de réfléchir à tes actions. Prends le temps de réfléchir à tes préjugés face aux victimes d’agressions sexuelles. Prends le temps de réfléchir et agis !

Et voilà ce qui met fin à cet article du mois de mai. Si tu as le goût, je t’invite personnellement à visiter nos médias sociaux. Plein de belles activités et opportunités seront présentées à travers le mois de mai ! N’oublie pas de t’informer, de t'impliquer, d’oser et de réfléchir !

À bientôt !

Avril 2022

Mon expérience au Centre Novas comme stagiaire

 Par: Emily Hann

Bonjour, mon nom est Emily Hann et je suis étudiante à La Cité collégiale, dans le processus de compléter mon dernier semestre dans un milieu de stage où je suis remplie d’admiration. Assise sur ma chaise derrière le bureau que j’ai utilisé pour plus de 4 mois, je prends le temps de réfléchir sur l’expérience incroyable qui m’a été donnée et les possibilités que le futur peut m'apporter. Cela a commencé lorsque j’étais à la recherche d’un stage qui m’intéressait et qui pouvait me donner des connaissances au-delà de la théorie apprise en salle de classe. Le temps que j’ai mis dans la préparation de ma lettre de présentation et dans mon CV ma démontrer l’importance réelle de pouvoir convaincre un organisme de prendre le temps de m’accorder une entrevue. Cela ne faisait même pas trois heures et j’avais déjà des battements de cœur extrêmes en lisant le courriel m’invitant à une rencontre avec le Centre Novas pour déterminer si je serais une bonne candidate. Juste quelques semaines après, j'avais un stage que j’allais commencer en 2022 et une première visite au Centre pour signer les feuilles de confirmation. Le début de mon stage n’a pas été facile, une autre vague de restrictions a apporté des limites et des défis dans nos vies personnelles et a causé quelques difficultés que nous avons dû surmonter.

 

Mon intégration dans l’équipe m’a poussée à vouloir accepter toutes les possibilités. L’équipe m’a offert des responsabilités qui m’ont assuré de toucher presque toutes les compétences évaluées dans mon stage. L’équipe m’a accueillie comme une autre membre avec les bras ouverts, prête à m’enseigner et m’aider pendant mon séjour. Le Centre Novas est un organisme avec seulement quelques intervenantes qui font en sorte qu’elles veillent les unes les autres et cherchent à répondre à leurs propres besoins afin de pouvoir bien combler ceux des usagères. Elles m’ont démontré l’importance de réfléchir sur nos propres limites en tant qu’intervenante et de s’entraider pour éviter l’épuisement professionnel. Durant mes quelques mois au Centre j’ai pu créer des liens professionnels et amicaux avec les employées qui, en aucun temps, n'ont rendu mon intégration difficile. J’étais ravie de retourner dans mes séminaires pour réciter les expériences extraordinaires qui m’ont été présentées.

 

Ce milieu de stage m'a donné les outils nécessaires pour me préparer afin de devenir une technicienne en travail social qui détient des valeurs et approches d'interventions respectueuses. Elles m’ont appris l’importance de garder à cœur nos valeurs et de les revendiquer dans l’intention de démontrer aux usagères le pouvoir de leur propre voix. Les intervenantes au Centre Novas ne laissent pas les défis créés par les systèmes et les politiques avoir un impact sur leurs principes féministes, valeurs et missions qu’elles impliquent dans la société.

 

J’ai eu la chance de voir des projets, activités et ateliers se faire créer et j’ai eu l’opportunité de participer de A à Z aux démarches pour les mettre en place. Présentation de service, Jeunes femmes en action, #Solidaritéentrefemmes, groupe 55 ans et plus, Ma voix mon futur, planification stratégique et des formations sont tous des exemples où j’ai pu contribué.

 

Je complète mon stage avec le cœur chaud, des expériences enrichissantes et des nouvelles compétences en lien avec mon affirmation de soi et mon autonomie. Je ne peux pas remercier davantage l’équipe au Centre Novas de m’avoir donné cette expérience extraordinaire. J’ai le cœur rempli d'excitation pour être en mesure de m’intégrer et contribuer davantage à la mission du Centre.

Mars 2022

Hommage aux femmes en cette Journée internationaledes droits des femmes 2022

        Par: Danielle Hnatyshyn  

 Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, j'aimerais prendre le temps de vous écrire un mot sur mon expérience au Centre Novas. Le Centre Novas est un centre d’aide et de lutte contre l’agression à caractère sexuel. Ensemble, nous soutenons des femmes victimes / survivantes d'agression à caractère sexuel et nous revendiquons les droits des femmes dans le but d’éliminer la violence faite aux femmes sous toutes ses formes.

Ici au Centre Novas, je travaille auprès des femmes qui vivent avec des défis quotidiens. Dans de nombreux cas, ces défis découlent des impacts d’agressions à caractère sexuel qu’elles ont subis. Les agressions à caractère sexuel peuvent avoir un impact dans toutes les sphères de la vie d’une personne; les victimes peuvent avoir de la difficulté à faire confiance et à entrer en relation avec les gens, à se connecter à elles-mêmes et à nommer leurs émotions. Les impacts sont grands et peuvent créer de nombreux défis chez les victimes et les survivantes.

Une chose que j’ai remarquée en travaillant avec ces femmes est qu'elles ne sont pas toujours conscientes de leurs forces. En général, nous les femmes avons tendance à nous culpabiliser au lieu de regarder nos forces, nos bons coups. Nous sommes souvent trop sévères envers soi-même et avons tendance à nous taper sur la tête au lieu de nous donner une tape dans le dos pour nous féliciter. À toutes les femmes victimes / survivantes d’agression à caractère sexuel, laissez-moi vous exprimer comment je vous vois.

En vous, je vois une guerrière, combattantes et fonceuses, vous êtes des femmes remplies de courage. Vous avez surmonté des barrières et des batailles incroyables et vous vous tenez toujours debout! Je sais que vos batailles n’ont pas été faciles. Je sais que vous avez dû faire face à des personnes, des circonstances et des expériences qui vous ont amenés à perdre espoir ou perdre confiance en vous et envers la vie en général. Certaines d’entre vous peuvent croire que c’est un miracle d’être encore là. Je vous le dis, vous êtes des guerrières fortes et soyez fière de vous.

En cette Journée internationale des droits des femmes, je pense à vous. J’ai le cœur rempli d’espoir et d'admiration. Vous me donnez de l'énergie et le courage d’avancer. Merci à vous, les guerrières, qui, petit pas par petit pas, continuent à surmonter vos défis du quotidien.

Vous êtes mes inspirations.


février 2022, La sexualité

La sexualité : Une autre vision.

Julie Delorme, Intervenante

En ce mois de février, qui est perçu par plusieurs comme étant le mois de l’amour, le mois de l’intimité, même le mois de la sexualité, dû à l’image populaire que nous avons donnée à la fête de la Saint-Valentin, j’ai cru bon parler de la sexualité pour cette infolettre. Au CALACS, nous cheminons avec des femmes qui sont victimes d’agression à caractère sexuel. L’agression sexuelle est un type de violence faite aux femmes, où la sexualité est utilisée comme arme pour faire mal, contrôler et violenter la victime. Tout comme dans d’autres types de crimes, un outil, qui ne se veut pas à la base une arme, le devient. Par conséquent, à la suite d'une agression sexuelle, certaines survivantes peuvent avoir une image de la sexualité qui est différente et qui penche plutôt vers le négatif. La sexualité est maintenant perçue comme une activité qui est empreinte de dégoût, de flashbacks, de dissociation. Elle est vue comme quelque chose de mal, de violent et de douloureux. Ou encore, pour certaines, elles en arrivent à croire que la sexualité est une façon positive de recevoir amour et affection. Un apprentissage est fait, de façon consciente ou inconsciente, que d'avoir une sexualité très active, est preuve de reprise de pouvoir. Par contre, ceci peut devenir problématique, car on peut y oublier l'aspect du consentement clair, de la sécurité et de nos besoins et limites. La sexualité est aussi affichée dans les médias comme étant quelque chose qui est lucratif, pornographique et public. L’image erronée de la sexualité continue aussi avec l’hyper sexualisation de nos jeunes filles, la performance des hommes et l’objectivation sexuelle des femmes, ce qui apporte un énorme double standard dans notre société. Ce double standard est visible au niveau de la pornographie qui rend l’exploitation sexuelle des femmes acceptable et la violence des hommes tolérable. Ce double standard est visible au niveau des habitudes sexuelles des garçons et des filles qui à la base peut être les mêmes, mais du point de vue de la société, le premier est accepté et non le deuxième. Finalement, ce double standard au niveau de la sexualité, vient amplifier le statut de pouvoir des hommes et vient diminuer celui des femmes.

La sexualité, à la base, se veut une expérience à plusieurs niveaux qui est saine et positive. Prenons quelques lignes pour bien définir ce qu’est la sexualité saine. Plusieurs éléments vont venir compléter la définition.

« La sexualité :

- Ressentir et exprimer ses véritables sentiments.

- Créer et vivre l’intimité affective avec l’Autre.

- Vouloir connaître l’Autre.

- Avoir une relation durable.

- Ouvrir son cœur, son corps à l’Autre.

- Ce qui différencie le sexe de la sexualité, c’est l’intimité affective lors des rapports sexuels. » (Source : Motoi, 2008, p.83, tiré de : La femme, sa sexualité et son pouvoir sexuel : Programme d’appropriation de sa sexualité, Ina Motoi et Rose Dufour, p. 35)

À noter, que la sexualité est ici expliquée en relation avec une autre personne, mais la sexualité saine peut aussi se vivre seul. J’ajouterai aussi à ces éléments que la sexualité saine est unique. C’est-à-dire que chaque personne peut avoir sa définition, ses attentes et ses limites face à sa sexualité. L’important est que l’on se respecte soi-même et l’Autre, tout au long des relations. C’est ce qui viendra impliquer l’aspect « saine » de la sexualité.

À ce moment-ci, je vous invite à porter une réflexion sur votre définition de la sexualité. Comment définissez-vous le mot "sexualité" ? Est-ce que la sexualité et l’intimité, c’est la même chose ? Quels sont les apprentissages ou les expériences, au courant de votre vie, qui ont défini votre sexualité ? Si cela est un exercice difficile, je vous invite à communiquer avec votre intervenante, psychologue, ou autre, pour pousser la réflexion un peu plus loin.

Avant de nous quitter, je voudrais terminer cet article en vous rappelant vos droits au niveau de la sexualité. Une liste qui se doit d’être répétée et respectée en tout temps. Je voudrais aussi vous rappeler que même si selon sa popularité, le mois de février est le mois de « l’amour, de la sexualité et de l’intimité », en aucun temps vous devez vous sentir obligé d’entretenir ce type de relation. Vous avez le droit de dire OUI ou de dire NON à toute forme de relation sexuelle ou d’intimité, et cela même s’il s’agit du 14 février.

Chartes des droits sexuels

- J’ai le droit de posséder mon corps, il m’appartient.

- J’ai droit au respect de mes sentiments, croyances, opinions et perceptions.

- J’ai le droit d’avoir confiance dans mes valeurs au sujet des rencontres sexuelles.

- J’ai le droit d’établir mes limites sexuelles.

- J’ai le droit de dire non.

- J’ai le droit de ressentir du plaisir sexuel.

- J’ai le droit de m’affirmer sexuellement.

- J’ai le droit d’initier les contacts sexuels.

- J’ai le droit de maîtriser mes expériences sexuelles.

- J’ai le droit d’avoir un/une partenaire aimable.

- J’ai le droit d’avoir mes préférences sexuelles.

- J’ai le droit d’avoir un/une partenaire qui me respecte, me comprend, et qui veut communiquer avec moi.

- J’ai le droit de poser des questions.

- J’ai le droit de recevoir l’information exacte relativement à la sexualité.

(Source : La force de s’affranchir, Johanne Ouimette, p. 226)




Janvier 2022 L'agression sexuelle par un être cher et la confusion émotionnelle

L’agression sexuelle par un être cher et la confusion émotionnelle

Par Danielle Hnatyshyn

 En tant qu’intervenante en agression à caractère sexuel au Centre Novas, des cas d'agression sexuelle par un membre de la famille sont particulièrement nombreux. Contrairement à la croyance populaire, la majorité des femmes et des enfants se font agresser par une personne qu’ils ou elles connaissent. Bien souvent, les agressions sexuelles ont lieu durant l’enfance et sont de type intrafamiliale, c’est-à-dire qu’elles sont commises par un membre de la famille, par un être cher, tel qu’un parent, grands-parents, la fratrie, oncle, tante, etc. Une autre croyance populaire est que la victime ne va plus aimer ou ne va plus respecter la personne qui l’a agressée et qu’elle fera tout pour l’éviter ou le confronter. Nous avons tendance à penser que l’agresseur est un monstre et que la victime devrait le détester. Par contre ce n’est pas toujours le cas. Les perceptions et les sentiments ne sont pas toujours noirs ou blancs. Ainsi, les victimes peuvent vivre une panoplie d'émotions et se sentir très confuses concernant leurs sentiments envers l’agresseur.

La relation entre la victime et l’agresseur peut être compliquée et avoir plusieurs dimensions, car au-delà de l’agression sexuelle, il peut y avoir un lien d’attachement et de dépendance vis-à-vis la personne qui agresse. L’agresseur peut également être cette même personne qui répond aux besoins primaires de la victime, par exemple, lui met un toit sur sa tête, des vêtements sur son corps, de la nourriture dans son ventre. L’agresseur utilise toutes sortes de tactiques de manipulation pour créer un lien de confiance avec l’enfant et les adultes autour de lui. Les actes d’agression sexuelle peuvent être jumelés avec des actes comme des récompenses, de l’affection, ou de l’attention positive. Ceci peut créer une grande confusion chez l’enfant et cette confusion peut persister jusqu’à l’âge adulte. Lorsque cet enfant devient un adulte, son agresseur peut faire encore partie de sa vie pour une multitude de raisons. Pour une victime, reconnaître qu’une personne chère puisse lui avoir fait autant de mal peut être très difficile et douloureux. Une façon de se protéger de toute cette souffrance est de minimiser les actes causés par l’agresseur. Le lien d’attachement envers l'agresseur nourrit cette minimisation. Reconnaître avoir été victime d’agression sexuelle de la part d’un proche est loin d’être facile, le dénoncer est encore pire!

Si une personne te confie qu’elle s’est fait agresser par un être cher, mais qu’elle choisit de garder cette personne dans sa vie, c’est important de respecter son choix. Si tu cherches de l’information pour mieux soutenir une victime ou si tu es une victime/survivante d’agression sexuelle qui aimerait du soutien, le Centre Novas est là pour toi! Si tu soupçonnes qu’un enfant est victime d’agression sexuelle ou toute autre forme de violence et de maltraitance, n’hésite pas à contacter la Société d’aide à l’enfance pour dénoncer l’abus. Tous les citoyen.nes ont le devoir de dénoncer et de protéger les enfants.

Pour les femmes qui vivent des sentiments contradictoires envers l’agresseur, c’est correct ! Tu n’es pas seule. L'agression sexuelle n'est jamais de la faute de la victime, seule l'agresseur est à blâmer!

décembre 2021 : Ah le temps de fêtes

Ah le temps des fêtes !

Le temps des réjouissances, le temps des vacances, le temps des échanges de cadeaux, des tables pleines de bouffe. Pour la majorité, il s’agit d’un temps de traditions, de réunions religieuses, de rencontres de famille, de party et de plaisir. Par contre, ce qu’il ne faut pas oublier est que pour certaines personnes, cette période est plutôt synonyme de stress, de peur, de confusion, de tristesse et de solitude. Au cours des prochaines lignes, je tenterai de peindre un portrait qui viendra décrire avec des couleurs, autres que le rouge et le vert, la réalité de certaines femmes survivantes de violence à caractère sexuel, en ce temps des fêtes. Il est à noter que la fin de ce texte est aussi très importante. Je vous suggère de nouvelles idées pour vous réinventer votre temps des fêtes, pour vous redonner une image positive de Noël et des idées de nouvelles traditions juste pour vous. Et cela, toujours en respectant votre rythme, vos croyances et vos droits !

Même si on vous a déjà présenté l’agression à caractère sexuel et ses impacts, il me semble important de vous en faire une petite révision. L’agression à caractère sexuel est d’abord un acte de violence, d’humiliation et surtout un acte de domination. Suite à une agression sexuelle, les victimes se sentent en totale perte de pouvoir. Cette perte de pouvoir peut se transporter dans les relations ; se transformer en perte de l’estime et de l’acceptation de soi; elle peut aussi se faire ressentir en tant que femme, citoyenne, et personne : qui a des droits, et qui lui ont été enlevés !

Avant d’aller plus loin, je voudrais aussi mentionner que comme chaque femme est unique, chaque passé et expérience le sont aussi. Donc les conséquences et scénarios qui seront présentés ici ne s’appliquent pas nécessairement à chaque femme.

La perte de pouvoir vient atteindre directement le quotidien de ces femmes. Ainsi, le temps des fêtes n’en n’est pas à l’abri. Au contraire, pour plusieurs, cette période ne fait qu’amplifier le tout. Parlons d'abord des rassemblements qui ont lieu pour célébrer le temps des fêtes. Lors de ces rencontres on y voit des gens de la famille, des ami.e.s, des collègues de travail, etc. Bref, des gens que nous connaissons. Statistiquement, nous savons que la majorité des victimes connaissent leur agresseur. Du coup, nous pouvons conclure que plusieurs victimes/survivantes devront, malgré elles, être en présence de leur agresseur lors de ces sorties festives. Cela apporte chez plusieurs, une montagne russe d’émotions. Elles peuvent ressentir de la peur, de la honte, de la tristesse. Elles, se sentiront aussi mal à l’aise, d’abord du fait que cette personne est dans la même salle qu’elle, mais aussi parce que dans plusieurs cas, les autres membres de la familles ou ami.e.s, ne sont pas au courant de l’expérience de cette femme. Ces femmes, malheureusement, se sentent dans l’obligation de porter ce masque. Un masque de survie, un masque de protection, un masque qui vient cacher toute cette montagne russe d’émotions. Pourquoi ? Déjà, en temps normal, les femmes sont apprises à plaire, donc pour plusieurs, dire à voix haute leur ressenti durant le temps des fêtes, est quelque chose qui semble inacceptable.

Pour d’autres, au contraire, cette période est plutôt synonyme d'un temps de solitude. Par choix ou non, certaines femmes refusent d’aller à ces sorties ou encore n’ont pas nécessairement de famille ou d’ami.e. pour les accueillir et célébrer avec elles. Les survivantes/victimes peuvent aussi ressentir cette solitude du fait que, dans la majorité des cas, au niveau des divers centres d’aide, il y a une pause de services. Du coup, ces femmes n’ont pas accès, par exemple, à leur intervenante, travailleuse sociale ou psychologue. C’est donc très important de bien se préparer à cette période, peu importe votre situation.

La partie qui suit s’adresse particulièrement à ces femmes, en recherche de reprise de pouvoir, mais peut aussi être appliquée par toute personne qui ne se retrouve pas dans la signification populaire du temps des fêtes. Il est important de reprendre une partie de votre pouvoir et de vous donner le droit de choisir comment vous allez célébrer ou non.

Pour ce faire, je vous propose maintenant des outils, des idées, des suggestions. Surtout n’oubliez pas de vous respecter, de respecter votre rythme et vos choix. Il est aussi important de comprendre que vous avez le DROIT de décider, si vous célébrez ou non ; vous avez le DROIT de décider si vous allez à une rencontre familiale ou non ; vous avez le DROIT de faire de ce temps, ce dont vous avez besoin, pour assurer cette reprise de pouvoir !

À vous de voir si l’une de ces suggestions vous inspire :

  • D’abord prendre un temps de réflexion. Il est important ici de déterminer notre définition du temps des fêtes ou de Noël. Est-ce que je voudrais que ce soit maintenant un temps de réflexion, de méditation, de remise en question, de mise au point de l’année qui se termine…
  • Quand vous avez déterminé la nouvelle signification, écrire une lettre, qui en fait l’explication, aux gens qui vous sont importants (conjoint, enfants, parents, ami.e.s, intervenante ou autres). (N.B. vous n’êtes en aucun temps obligé de leur expliquer le pourquoi, le passé, etc., seulement cette nouvelle signification et le futur sont importants).
  • Peut-être vous voulez commencer de nouvelles traditions, seule ou avec les membres de votre famille et/ou amie. Au lieu d’un échange de cadeaux, on s’offre une nouvelle expérience ; au lieu d’un dîner à la dinde et de ragoût de patte de cochon, on se fait une soirée sushi ; laisser aller votre imagination !
  • Au lieu de se sentir obligé d’aller visiter des gens qui ne font qu’augmenter votre inconfort, faites une liste des personnes, qui pour vous, ont une signification importante, et allez leur rendre visite à elles seulement.
  • Finalement, peut-être vous voulez garder certaines traditions, comme l’arbre de Noël. Alors, pourquoi pas en refaire la décoration complète. Achetez ou faites vous-même la décoration avec des éléments qui représentent votre renouveau pour ce temps des fêtes !

Pour ce temps des fêtes, donnez-y une nouvelle signification !

Je vous souhaite une toute nouvelle expérience et un nouveau sens positif pour le temps des fêtes 2021 !

On se revoit en 2022 ! Avec beaucoup d’amour, Julie Delorme

novembre 2021 L’histoire d’une intervenante en agression à caractère sexuel

L’histoire d’une intervenante en agression à caractère sexuel

Par Danielle Hnatyshyn

 Je m’appelle Danielle Hnatyshyn, je suis travailleuse sociale de formation et psychothérapeute. Je me souviens du moment où j’ai appris que je pouvais avoir une carrière en relation d’aide. J'étais étonnée et ravie ! En tant que personne qui a une grande empathie et un grand désir d’aider les autres, je savais que le travail social était la carrière pour moi. Je vibrais avec excitation ! Je ne pouvais penser à une autre carrière qui serait plus adaptée pour la personne que je suis. Je travaille dans le domaine d’intervention social depuis la complétion de mon programme d’étude, il y a 16 ans. J’ai eu l’occasion de travailler auprès d'une variété de personnes, vivant avec de nombreux défis personnels, interpersonnels et sociaux.

C’est en juillet 2018 que j’ai commencé un nouveau poste d’intervenante au Centre Novas - CALACS francophone de Prescott-Russell. Le Centre Novas est un centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. Le Centre Novas travaille à l’élimination de la violence à caractère sexuel faite aux femmes et aux jeunes d’expression française, dans toute leur diversité, tout en œuvrant à l’atteinte des droits à l’égalité des femmes. Nous assistons les femmes francophones survivantes et/ou victimes d’agressions à caractère sexuel, en créant un endroit où toutes ces femmes peuvent être validées et comprises dans ce qu’elles vivent et ce qu’elles ont vécu. Nous soutenons ces femmes dans la reprise de leur pouvoir sur leur corps, leur esprit, leur vie en entier. C’est un mandat puissant et un qui me tient à cœur. C’était donc avec grand enthousiasme que je me suis lancé dans ce poste, cette nouvelle aventure, d’aider et de soutenir ces femmes survivantes d’agression à caractère sexuel.

Je savais que travailler auprès de femmes survivantes d’agression à caractère sexuel était pour avoir ses défis. Je m'attendais à entendre des histoires difficiles - même des histoires d’horreurs - et je me suis préparée à ce que je sois, d’une façon ou d’une autre, touchée par les histoires de ces femmes et touchée par les difficultés journalières qu’elles doivent vaincre dû au trauma de leur agression sexuelle. Je croyais que la partie la plus difficile de mon travail allait être le trauma de ces femmes; leurs histoires et voir la souffrance qu'elles vivent, mais à ma grande surprise, c’était quelque chose de complètement différent qui est devenu mon plus grand défi. L’aspect du travail qui est le plus difficile est aussi l’aspect que je croyais être le plus facile : travailler auprès des systèmes qui entourent la femme survivante.

Le plus grand défi auquel je fais face dans mon travail est le manque de compréhension des différents systèmes à l’égard des victimes et survivantes d'agression sexuelle.Ce manque de compréhension et de soutien a un énorme impact sur ces femmes. Une des parties les plus importantes dans le processus de guérison est d’être crue et d’être prise au sérieux. C’est également important que les sentiments et comportements difficiles causés par l'agression sexuelle soient validés et normalisés. La femme doit être rassurée que l’agression n'était pas de sa faute, elle doit se sentir à l’aise de partager son histoire difficile et elle doit être supportée dans son cheminement de guérison. Pour ce faire, elle doit avoir un bon réseau de support. Essentiellement, la façon dont nous nous comportons envers la victime lors de son dévoilement et tout au long de son cheminement a un impact sur son processus de guérison.

Demander à une victime « est-ce que t’es sure que tu t’es fait violé ? », « pourquoi ne l'as-tu pas dit à la police ? » ou encore « pourquoi es-tu restée ami avec ? », sont des questions qui déresponsabilisent l’agresseur et banalisent les gestes qu’il a commis; attribuent le blâme à la victime; amènent la victime à douter d’elle-même et de son expérience. Déjà qu’une victime a tendance a vivre beaucoup de blâme, de honte et de culpabilité suite à l’agression, ces réactions face à la victime ne l’aident pas ! En effet, ces réactions peuvent revictimiser la femme et cause plus de tort. Malheureusement, j'ai reçu de nombreux témoignages de femmes ayant vécu des réactions de la sorte et j'ai moi-même été témoin de telles réactions de la part de différents professionnels.

J’ai aussi appris que ces systèmes ne se rendent pas compte qu'une forme d’agression sexuelle n’est pas moins ou plus « pire » qu’une autre. Un attouchement sexuel qui arrive une fois peut engendrer les mêmes impacts que des attouchements répétitifs. Une agression sans toucher physique peut avoir les mêmes impacts qu'une agression avec un toucher physique. Nous assumons qu’une femme agressée agira d’une certaine façon, qu’elle aura des sentiments spéficiques envers son agresseur, qu’elle se souviendra de tous les détails de cet incident, qu’elle aura un dégout pour le sex et ne s’intéressera plus aux relations sexuelles, qu’elle se présentera à l’hôpital pour faire une trousse médico-légale, qu’elle contactera immédiatement la police pour faire une plainte, qu’elle va se débattre et se défendre lors de l’agression… mais ce n’est pas toujours le cas !

Bien que mon rôle principal est d’intervenir auprès des victimes et survivantes, une grande partie de mon travail consiste à revendiquer les droits de ces femmes au sein de ces différents systèmes. Je m’attendais que ces systèmes soient des alliés pour les victimes, je n’étais pas prête à apprendre que les mythes et les fausses croyances sont également perpétués par des systèmes qui sont supposés aider la victime. Ceci pour moi cause un sentiment de désespoir ! Comment puis-je encourager une femme à dénoncer son agression sexuelle à la police quand je sais qu’il y a de grandes chances qu’elle fera face à un système qui la revictimisera ? Comment puis-je réconforter une femme qui s’est faites dire par un.e intervenant.e “peut-être que tu n’as pas vraiment subi une agression sexuelle” ?

Il reste beaucoup de sensibilisation et d’éducation à faire dans tous les secteurs et les systèmes de la société si nous voulons éliminer l’agression sexuelle et soutenir les victimes / survivantes.

Pour les professionnel.le.s, membres de la famille, et ami.e.s de personne victime ou survivante d’agression à caractère sexuel qui aimeraient savoir comment être plus aidant.e.s : informez-vous ! Informez-vous sur les impacts des agressions sexuelles. Croyez la femme qui partage l’information sur son agression et demandez-lui comment vous pouvez l’aider. Ne lui demandez pas pourquoi elle n’a pas réagit d’une certaine manière ou pourquoi elle ne se sent pas d'une certaine façon. Nous devons tous travailler ensemble ! Les survivantes ont besoin de vous pour les supporter dans leur guérison ainsi que les intervenantes qui travaillent en agression sexuelle auprès de ces femmes !

Si vous avez des questions au sujet de l’agression à caractère sexuel, n'hésitez pas à communiquer avec le Centre Novas CALACS - francophone de Prescott-Russell ou le CALACS le plus près de chez vous. Pour les femmes survivantes ou victimes d’agression à caractère sexuel : vous n’êtes pas seules!


Je vais continuer à lutter contre la violence faite aux femmes et à travailler auprès des femmes victimes / survivantes d’agression à caractère sexuel en espérant de les soutenir dans leur cheminement vers la guérison. Ma question à vous est : qu'allez-vous faire maintenant pour mieux soutenir une victime?

 

octobre 2021 Comme le temps passe vite

Comme le temps passe vite, déjà octobre 2021, la nouvelle année est déjà à notre porte. Bientôt, deux ans de pandémie, comment vivez-vous ça ?

Certainement, que plusieurs d'entre vous sont fatigués de vivre dans cette pandémie, d’entendre parler de vaccins, de restrictions, de ne pas savoir à quoi ressemblera demain. Comme nous ne sommes pas en contrôle sur ce que l'avenir nous réserve, il serait temps de réfléchir sur la signification du mot résilience.

Voici quelques recherches :

Résilience :

  • Aptitude d’un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques. (Le Petit Larousse 2010)
  • Capacité à surmonter les chocs traumatiques.
  • Depuis plus de 20 ans, le terme de résilience est également employé en psychologie pour définir la faculté de rebondir face aux épreuves de la vie, et de « revenir d’un état de stress post-traumatique. » (https://www.corpsetsante.fr/psycho/la-resilience)
  • La résilience pouvant être définie comme étant la capacité de l’être humain de faire face aux obstacles de la vie, de les dépasser et de se projeter dans le futur. (texte "Résilience au sein des associations féministes et féminines" de Stéphanie Metzger del Campo)

Sincèrement, les femmes de Prescott-Russell sont des femmes résilientes. La résilience correspond à la capacité d’adaptation d’un individu qui rencontre des défis et/ou des obstacles qui occasionnent souvent une grande dose de stress. Existe-il des femmes qui n'ont jamais vécu de difficulté dans leur vie? Bien sûr que non! Les femmes font face constamment à de multiples barrières parce qu’elles sont des femmes, mais elles trouvent la force de les remonter même d’en ressortir plus fortes, comme grandi.

Tous les jours au Centre Novas nous côtoyons des survivantes d’agression sexuelle et sommes témoin de leur résilience. Les femmes travaillent fort pour réorganiser leur vie, gérer leurs émotions,  pratiquer leur capacité à résoudre des problèmes et de faire de nouveau confiance en leurs habiletés.

Nous sommes vraiment fières des survivantes et de toutes les femmes parce qu'elles continuent à montrer chaque jour leur persévérance et leur grande force pour accomplir leurs objectifs, s'épanouir dans la vie et prendre leur place.

La prochaine liste peut être un bon outil pour vous ou une remise à niveau :

Les douze réflexes de réorganisation des résilients:   

                (de source inconnu)

1. S'entourer de personnes saines;

2. Éviter les montagnes russes et les stress intenses;

3. Concentrer ses énergies résiduelles sur sa réussite personnelle;

4. Aller chercher de l'aide rapidement;

5. Parler librement et sans autocensure de l'événement à des gens en qui on a confiance;

6. Refuser catégoriquement de se faire imposer un sentiment de culpabilité ou un sentiment de honte;

7. Préserver sa stabilité personnelle et ses acquis;

8. Accepter de prendre un temps d'arrêt pour refaire ses forces;

9. Se nourrir d'énergie et de paroles constructives;

10. Se percevoir comme une personne blessée et non pas comme une victime;

11. Se nommer personnellement responsable de sa guérison;

12. Permettre à chacune de ses larmes de couler librement.

Voici une métaphore de Pascale Brillon, psychologue clinicienne, professeure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal et directrice du laboratoire de recherche Trauma et Résilience, qu’elle utilise pour illustrer le concept de résilience :

La fable de La Fontaine                     Le chêne et le Roseau

«En présence de faibles vents, le chêne reste droit et fort, tandis que le roseau plie; mais, dans une violente tempête, le chêne n’a pas d’autres options que de casser ou d’être déraciné, alors que le roseau continuera de ployer pour reprendre sa forme initiale par la suite. »

septembre 2021 Une petite anecdote de mon été

 Une petite anecdote de mon été

Je suis tellement contente de notre jeunesse et je vous explique pourquoi. Mon petit fils qui travaille dans une quincaillerie m’a raconté ceci :

Un client arrive devant le comptoir de service dans une quincaillerie et demande : « Puis-je parler à un commis. »

Alors la jeune fille lui répond « Oui monsieur comment puis-je vous aider? » Le client répond « Je veux parler avec un homme ! »

Un peu décontenancée, la jeune fille recule et va chercher son collègue de travail masculin et lui mentionne que le client veut parler à un homme.

Le jeune homme approche le client et lui demande comment il peut l’aider? Après que le client lui fait part de sa question, le jeune homme se tourne vers la jeune femme demande la question à son tour. La jeune femme prend parole et répond à la question du client.

Bravo à ce jeune homme d’avoir démontré à ce client qu’une fille pouvait aussi bien le servir qu’un garçon et que le genre n’a aucune importance sur la qualité de service qu’il allait recevoir. #solidaritéentregenre  #solidarité




juillet/aout La théorie féministe

La théorie féministe

     Alors que, pour certaines femmes, « le féminisme est une manière de vivre, pour d’autres, il constitue une plate-forme politique » (Collins, 1992, cité dans AOcVF, 2011, p.4). Il n’est pas évident de définir ce qu’est le féminisme puisque celui-ci est à la fois à un mouvement social et un ensemble de théories (AOcVF, 2011). En premier lieu, on fait allusion au mouvement social des femmes, leur lutte qui vise à abolir l’oppression dont elles sont victimes quotidiennement. En deuxième lieu, on fait référence plutôt aux discours et aux théories qui fondent le mouvement social des femmes, désignant un                  « ensemble d’idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile » (AOcVF, 2011, p. 4). Ainsi, le mouvement féministe est habité par plusieurs courants de pensée : « chaque courant de pensée analyse les causes de discriminations ou des atteintes aux droits des femmes par un prisme différent, qui fera émerger des champs de lutte et des revendications diversifiées, mais, plus souvent qu’autrement, complémentaires » (Surprenant, 2015, p.38).

     L'intervention féministe née dans les années 70, vise à répondre aux besoins des femmes d'être écoutées et soutenues sans jugement et à garder en perspective l'analyse sociale et structurelle des violences faites aux femmes (Corbeil et Marchand, 2010). L'approche féministe est fondée sur la reconnaissance d’une société patriarcale qui maintient les femmes et les enfants dans un système d’oppression et d’inégalité entre homme et femme (Bereni et collab, 2008 ; Lapierre et Lévesque, 19 2013). L'objectif fondamental de l'approche féministe est de faire prendre conscience aux femmes de leur conditionnement social, des stéréotypes sexuels et des rôles limitatifs auxquels la société les confine (Corbeil et Marchand, 2010 ; Robitaille et Tessier, 2010). Ainsi, l’approche féministe vise à transformer collectivement la personne et la société, puisque la violence contre les femmes est perçue comme un problème social. Cette approche prône des rapports égalitaires dans la relation d'aide ainsi que la valorisation de l'autonomie des femmes. Elle a comme principe fondamental la reprise de pouvoir de la femme sur sa vie tant au niveau individuel que social (Corbeil et Marchand, 2010). L'analyse sociale et la mobilisation dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants restent les moyens privilégiés pour aboutir à des changements sociaux et politiques (Corbeil et Marchand, 2010

Référence :Par Martine Lanthier  Mémoire déposé à L’École de service social 

juin 2021 Pourquoi être membre du Centre Novas-CALACS francophone de Prescott Russell

Pourquoi être membre du Centre Novas-CALACS francophone de Prescott Russell

Devenir membre du Centre Novas-CALACS francophone de Prescott Russell, c'est se joindre à une organisation féministe avec une minime contribution de 5$ pour faire une grande différence dans un mouvement de solidarité entre femmes. Par et pour les femmes!

Une organisation qui lutte contre les agressions à caractère sexuel. #MoiAussi

Un organisme qui se soucie de votre bien-être et de votre sécurité.

Avantage

  • Participer au soutien d’un organisme de votre communauté;
  • Tout simplement se rassembler et se tenir les coudes entre femmes;
  • Un bon moyen de s’impliquer dans sa communauté francophone;
  • S’inscrire dans un mouvement de solidarité qui travaille à l’élimination de la violence à caractère sexuel faite aux femmes et aux filles de Prescott-Russell;
  • Participer à appuyer les programmes de prévention, sensibilisation et éducation offerts par le Centre;
  • Appuyer les femmes dans leurs démarches contre les agressions à caractère sexuel;
  • L’occasion d’agrandir votre réseau de contacts;
  • Rester informé sur les activités et évènements offerts par le Centre;
  • Avoir le droit de vote aux délibérations à l'assemblée générale annuelle(AGA);
  • Prendre position pour dénoncer la violence sexuelle faite aux femmes;
  • Devenir bénévole au conseil d’administration et développer de nouvelles habiletés administratives;
  • Faire rayonner le Centre à travers la communauté de Prescott-Russell;
  • Appuyer et reconnaitre le travail du Centre dans la communauté auprès des femmes, des adolescent.e.s, des jeunes et des partenaires;
  • Recevoir notre infolettre directement à tous les mois;

mai 2021, Mai le mois de la sensibilisation aux agressions sexuelles

Mai le mois de la sensibilisation aux agressions sexuelles

Pourquoi un mois de sensibilisation aux agressions sexuelles?

Le mois de la sensibilisation aux agressions sexuelles a lieu pour amener les gens de nos communautés à prendre conscience de ce problème et du fait que les personnes touchées par une agression sexuelle ont besoin de soutien et de services.

C'est quoi une agression sexuelle?

L’agression à caractère sexuel est un acte, geste, parole ou comportement de nature sexuelle commise sans le consentement de la personne. C’est un acte de domination, de pouvoir et de contrôle. Il existe différentes formes d’agressions à caractère sexuel, notamment : les blagues ou les commentaires sexistes, le cyber harcèlement sexuel, les attouchements, le viol, l’exploitation sexuelle, le harcèlement à caractère sexuel de rue, etc.

Pour en savoir davantage sur les agressions à caractère sexuel, veuillez consulter le « Guide d’utilisation de la campagne ».

 https://tracons-les-limites.ca/les-agressions-a-caractere-sexuel/

C'est un  acte criminel 

  • Le Code criminel du Canada sanctionne toute activité sexuelle faite sans le consentement de la personne.
  • Une activité sexuelle est consentie quand elle est acceptée de plein gré: il ne faut pas qu'il ait usage de la force, de menace, de manipulation ou d'abus de pouvoir ou d'autorité et la personne doit être consciente et non intoxiquée.
  • Chaque personne a le droit de refuser une activité sexuelle et peut décider à tout moment d'y mettre fin. 
  • Seul l'agresseur est responsable de l'agression. Une victime n'est jamais responsable et ne doit pas être blâmée pour ce qui lui est arrivé, peu importe son comportement, son habillement, etc. 


C'est un problème social

  • Au Canada, une femme sur trois est victime d'agression à caractère sexuel. Dans la grande majorité des cas, la victime connaît l'agresseur.
  • Les victimes et les agresseurs appartiennent à tous les groupes d'âges, classes sociales, professions, religions, groupe ethniques, etc. 

avril 2021 mot de la directrice

Un mot de la directrice générale, Anne Jutras

du Centre Novas-CALACS francophone de Prescott-Russell

Voilà presque 9 ans déjà que j’œuvre à titre de directrice générale du Centre Novas-CALACS francophone de Prescott-Russell. WOW! Que le temps passe vite. Il y a eu des hauts et des bas. Mais tellement de belles occasions de grandir, autant pour le Centre que pour moi professionnellement et personnellement.

Je crois qu’au cours des dernières 9 années, le Centre a évolué. Et cela grâce à chacune des femmes qui sont venues y chercher un soutien, y faire du bénévolat ou s’y impliquer.

L’équipe du Centre Novas, employées et conseil d’administration, a réussi, à travers les années, à apporter les changements nécessaires pour répondre aux besoins des femmes victimes et survivantes d’agression à caractère sexuel. Que ce soit des changements de structures, de mode de financement; de développement de projets et de programmes, de partenariats et même d’adaptation à une pandémie mondiale.

Nous avons la chance, comme CALACS d’avoir accès à une ressource indispensable, l’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOCVF). Cette dernière nous soutient et permets à nos semblables francophones à travers la province de partager connaissances et ressources.

Le Centre Novas se distingue par son approche et son analyse féministe de la violence faite aux femmes. Le pour et par les femmes est au cœur de nos interventions et interactions, autant avec les victimes et survivantes qu’avec les membres, employées et les administratrices. Ainsi, la femme dans toute sa diversité et avec toutes ses intersectionnnalités est au centre de nos actions.

Voilà des choses qui me rendent particulièrement fière d’avoir été au sein de l’équipe du Centre Novas au cours des dernières années. Le leadership reconnu et la présence du Centre Novas dans la communauté lui permettent de continuer de prendre sa voix et sa place et d’aider les femmes et les filles d’ici à prendre la leur!

Mais voilà maintenant le temps pour moi de relever de nouveaux défis professionnels et personnel.

Je quitte donc le Centre Novas et la région de Prescott-Russell avec tristesse, mais aussi remplie d’espoir pour leur futur. Les femmes qui sont usagères, membres, administratrices ou employées, celles qui m’ont offert tant de leur personne, continueront de le faire pour la cause. Et nos alliés aussi, ces hommes qui veulent un meilleur monde pour toutes les filles et femmes. L’avenir vous appartient!

Namasté la vie!

Solidairement,

Anne

mars 2021 Vraiment, comment ça va ?

Vraiment, comment ça va ?

     Un an depuis le début de la pandémie, vraiment, comment ça va ? Je regarde autour de moi, je vois des gens au bout de leur rouleau, fatigués, déprimés, aux prises avec les enfants à la maison la moitié du temps. Les gens sont confinés à la maison depuis un an, en télétravail pour certains, d’autres se déplacent pour travailler. 

Le personnel soignant est épuisé, découragé parce qu’il y a encore des gens qui ne veulent tous simplement pas y croire. Qui ne font pas attention et continu de propager le satané virus. Certaines personnes ont perdu leur emploi, donc problème d’argent, problème de santé mentale et physique. On dirait que tout va mal dans ce bas monde. On regarde la télévision et il n’y a que de mauvaises nouvelles, on dirait que les politiciens ne savent plus où donner de la tête. On ne veut plus entendre «Ça va bien aller! » Et encore moins y croire.

On regarde trop souvent ce qui nous rend malheureux au lieu de regarder ce qui nous rend heureux.

 L’autre jour, je marchais, une personne âgée se promenait de l’autre côté de la rue. Je crie « bonjour, comment ça va ? » Elle me répond : « ça va bien malgré tout, vous savez quand j’étais petite, mon père me racontait qu’en revenant sur le bateau après la guerre, beaucoup de gens mourraient du scorbut, et les corps étaient jetés à l’eau, ainsi les familles ne pouvaient même pas vraiment faire leur deuil, il n’y avait plus de corps. Quand je repense à ça, je me dis qu’on est quand même chanceux. »


« Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console. »   émanant de Talleyrand (1754-1838)

Février 2021 Vraiment, comment ça va ?

     Un an depuis le début de la pandémie, vraiment, comment ça va ? Je regarde autour de moi, je vois des gens au bout de leur rouleau, fatigués, déprimés, aux prises avec les enfants à la maison la moitié du temps. Les gens sont confinés à la maison depuis un an, en télétravail pour certains, d’autres se déplacent pour travailler. 

    Le personnel soignant est épuisé, découragé parce qu’il y a encore des gens qui ne veulent tous simplement pas y croire. Qui ne font pas attention et continu de propager le satané virus. Certaines personnes ont perdu leur emploi, donc problème d’argent, problème de santé mentale et physique. On dirait que tout va mal dans ce bas monde. On regarde la télévision et il n’y a que de mauvaises nouvelles, on dirait que les politiciens ne savent plus où donner de la tête. On ne veut plus entendre «Ça va bien aller!» Et encore moins y croire

On regarde trop souvent ce qui nous rend malheureux au lieu de regarder ce qui nous rend heureux.

     L’autre jour, je marchais, une personne âgée se promenait de l’autre côté de la rue. Je crie « bonjour, comment ça va ? » Elle me répond : « ça va bien malgré tout, vous savez quand j’étais petite, mon père me racontait qu’en revenant sur le bateau après la guerre, beaucoup de gens mourraient du scorbut, et les corps étaient jetés à l’eau, ainsi les familles ne pouvaient même pas vraiment faire leur deuil, il n’y avait plus de corps. Quand je repense à ça, je me dis qu’on est quand même chanceux. »


« Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console. » 

émanant de Talleyrand (1754-1838)


     On est confiné dans le confort de nos maisons ou appartements, on peut communiquer avec qui l'on veut grâce au téléphone, et toute la technologie électronique. On peut regarder la télévision, si les nouvelles à la télévision nous découragent, on change de poste, on écoute de la musique, on peut lire un bon livre ou bricoler selon notre choix. Tous les jours, on peut faire une promenade à l’extérieur, respirer un bon coup d’air frais, oxygéner notre cerveau, écouter les petits oiseaux gazouiller. Je me trouve bien chanceuse !

    Souvent on entend dire qu'en choisissant de penser positivement  vous arriverez à mieux vivre, Ce n'est pas tous a fait vrais puisque les pensées viennent et partent sans qu’on le demande. Par contre, nous avons un contrôle sur nos actions et nos comportements. Nous pouvons choisir la façon que nous allons nous comporter avec la présence de ces pensées. Vous ferez ainsi de chaque moment une expérience agréable. 

Chaque jour qui commence est une page vierge. Une étendue de temps qui n’a pas encore été vécue.

On peut y écrire ce que l’on veut. Il n’appartient qu’à soi de décider de réussir cette journée, malgré ses contraintes et ses obligations.

 Catherine Rambert (Petite philosophie du matin, 2007)



janvier 2021 Une nouvelle page à écrire

janvier 2021

2021 Une nouvelle page à écrire   

C’est le début d’une nouvelle année, vous avez tous passé des fêtes inoubliables et prêtes à vivre une année extraordinaire.

La pandémie que nous vivons est une situation unique, historique, que nous n’avons jamais vécue auparavant. Elle entraîne un bouleversement qui touche plusieurs aspects de nos vies et qui peut causer du stress de plusieurs façons différentes. Il est bon de nous rappeler que nous ne contrôlons pas les événements actuels : nous contrôlons seulement nos perceptions et nos actions. Vous avez besoin d’aide ? Consulter nos capsules de coaching de bien-être sur notre site web : https:centrenovas.ca.

Nous écrivons donc une page d’histoire : 2021 va-t-elle apporter des solutions à ce que nous vivions ? Avons-nous appris des choses importantes en 2020 ? Qu’allons-nous mettre en pratique en ce début de nouvelle année ?

Comme c’est l’habitude de plusieurs d’entre nous, c’est le temps des résolutions. Depuis près d’un an déjà que nous vivons des choses différentes, que nous faisons les choses différemment, que nous nous adaptons. Alors nos résolutions vont continuer ou changer?

          Cette nouvelle année m’apporte encore beaucoup de questionnements ; vous souvenez-vous au début de la pandémie, le monde entier s’était arrêté et les journalistes nous parlaient des bienfaits que cet arrêt avait sur la pollution. Mais depuis nous n’en entendons plus parler. Il y a moins de déplacement dans les airs et sur terre, le télétravail étant devenu « normal » ; est-ce que cela a vraiment aidé à réduire le problème de pollution ?  Que devons-nous faire pour sauver notre planète?

Bonne nouvelle! On nous annonce qu’un vaccin contre la COVID-19 est arrivé au Canada, mais quels en sont les effets secondaires ? Et comment distinguer la bonne information de la désinformation ?

          Bon, vous pouvez imaginer ce que seront mes résolutions : je recycle et pense à l’environnement. Je continue de garder la distanciation physique, pas de bisous, pas de poignée de main. Je continue avec le port du masque et le lavage de mains très souvent. Je reste toujours prudente, je continue de faire du télétravail si mon employeur est en accord. Pour m’aider, je vais écouter les capsules de bien être avec le cahier d’accompagnement, ou encore me servir du journal créatif.  Pour me désennuyer, je lis un bon livre, je mets de la musique, je chante et danse, je m’amuse un peu quoi.

          Et vous comment apprivoisez-vous l’année 2021.

Une page vient de se tourner et une nouvelle est à écrire.

Que l’année 2021 soit remplie de joies et de santé.

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2021 !

decembre 2020 Des fêtes pas comme les autres!

DECEMBRE 2020

Des fêtes pas comme les autres!

 

Les fêtes 2020 seront différentes cette année!

Beaucoup d’entre nous sommes tristes à la pensée que les fêtes ne seront pas pareilles cette année : pas de rencontres familiales, pas d’échange de caresses et de bisous, pas d’échange de microbes. Arrêtez-vous un instant, remémorez-vous les visages et souvenirs des années passées. Les enfants sont tous joyeux, car c’est le temps d’ouvrir des cadeaux. Des parents qui sont contents d’offrir de gros cadeaux, mais au fond de leurs yeux on voit l’inquiétude et la fatigue accumulée. La course aux cadeaux a été épuisante, en plus du travail quotidien, la maison à entretenir, le surplus de popotes à faire pour recevoir les grosses familles. On a fait un effort surhumain pour continuer nos occupations normales, tout en sachant que le réveil sera probablement difficile en janvier, lorsque le temps arrivera de régler la facture. Tout un mal de tête! En plus, déjà les enfants auront mis de côté leurs nouveaux jouets pour s’amuser avec une boite de carton vide. Occasion rares d’utiliser leur imagination et leur créativité.

Depuis plus de 30-40 ans que nous vivons NOËL de la même façon, cette année nous avons la chance de réinventer le temps des fêtes. Réjouissez-vous! Et faites de cette période un temps inoubliable pour 2020. Profitons de cette période pour passer du temps de qualité avec ceux qui sont dans notre bulle.

Vous souvenez-vous comment nous étions jadis fébriles de recevoir une carte de Noël par la poste. De lire un petit mot que quelqu'un avait pris le temps d’écrire pour nous. Pourquoi ne pas prendre le temps d’écrire un message personnel à ceux que l’on aime, aux personnes oubliées depuis des années parce que ne n’avions pas le temps… Cette année, prenons le temps d’envoyer une carte à une tante, un oncle, aux grands-parents et ami-e-s. Prendrons le temps d’écrire à nos enfants et leur dire combien nous les aimons, combien nous les apprécions, leur rappeler leurs belles qualités, leurs forces; pour leur démontrer que nous sommes là pour eux. Un moment magique pour tout ce beau monde de recevoir quelque chose de personnel, quelque chose qui vient du cœur.

Cette année au lieu de rencontrer tout le monde, d’échanger nos virus, on fait des appels téléphoniques, on dépose un petit plat fait maison au seuil de leur porte, on fait une rencontre virtuelle avec la famille pour échanger nos souhaits et surtout garder la distanciation; c’est peut-être leur sauver la vie.

En plus, on peut se reposer chacun chez soi, prendre enfin du temps pour soi. Déguster un bon café, un verre de vin dans la chaleur de son foyer, de jaser virtuellement avec les gens que nous aimons.

Parfois, je pense que la pandémie est venue nous dire à chacun de nous que la vie ce n’est pas une course; qu’il faut arrêter de courir et simplement vivre. Nous n’avons pas besoin d’avoir tout ce qu’il y a au magasin pour être heureux. Nous n’avons pas besoin de nous endetter pour rendre nos proches heureux.

Je me trouve chanceuse de vivre tout ça. Le monde entier vit la même situation au même moment. Imaginez-vous dans peu de temps nous raconterons à nos petits-enfants comment nous avons survécu à la pandémie de la COVID-19 et avons passé des fêtes inoubliables!

Joyeux temps des fêtes!

septembre 2020 Qu ' est-ce que l'intersectionnalité?


Image title

septembre 2020

Qu ' est-ce que l'intersectionnalité?

Les mois de mai et de juin ont été bombardés par des manifestations partout en Amérique du Nord pour dénoncer la brutalité policière et le racisme systémique envers les personnes noires et racisées. Même en 2020, il faut admettre que la question du racisme demeure toujours un sujet tabou au Canada. Encore aujourd’hui, les personnes racisées (noires, autochtones, immigrantes) sont nombreuses à vivent des injustices et des inégalités sociales, tout simplement en raison de leur appartenance culturelle. Par exemple, pensons aux plus de 1200 femmes autochtones assassinées et portées disparues au Canada depuis 1980. Jamais un tel génocide ne se serait produit si ces femmes avaient été blanches ! Pour ces femmes, le fait d’être racisées est un des éléments qui a contribué à maintenir leur vulnérabilité et à faire en sorte que la société se ferme les yeux sur ce qui s’est produit.

Dans notre société dominée majoritairement par des hommes, toutes les femmes subissent des injustices et des inégalités en raison de leur genre. Tout comme les femmes blanches, les femmes racisées subissent les oppressions liées à leur genre, mais s’ajoutent à ces oppressions, celles liées à leur race. Ainsi, même si les femmes blanches sont elles-mêmes opprimées, elles détiennent toutefois des privilèges que les femmes racisées n’ont pas. Ce concept, qu’on nomme « intersectionnalité » a été proposé en 1990 par Kimberlé William Crenshaw, femme noire Américaine. L’intersectionnalité vise à dénoncer la double oppression vécue par les femmes noires permettant ainsi de mieux comprendre les discriminations que vivent ces femmes et de développer une compréhension de la façon dont certains facteurs (tels que la race, la classe, l’âge, l’incapacité, l'identité de genre, l’attirance sexuelle, et autres) interagissent avec le genre . L’intersectionnalité remet en question l’idée que les femmes forment un groupe homogène, qu’elles occupent toutes la même position vis-àvis les différentes structures de pouvoir . Les mois de mai et de juin ont été bombardés par des manifestations partout en Amérique du Nord pour dénoncer la brutalité policière et le racisme systémique envers les personnes noires et racisées. Même en 2020, il faut admettre que la question du racisme demeure toujours un sujet tabou au Canada. Encore aujourd’hui, les personnes racisées (noires, autochtones, immigrantes) sont nombreuses à vivent des injustices et des inégalités sociales, tout simplement en raison de leur appartenance culturelle. Par exemple, pensons aux plus de 1200 femmes autochtones assassinées et portées disparues au Canada depuis 1980. Jamais un tel génocide ne se serait produit si ces femmes avaient été blanches ! Pour ces femmes, le fait d’être racisées est un des éléments qui a contribué à maintenir leur vulnérabilité et à faire en sorte que la société se ferme les yeux sur ce qui s’est produit. Ainsi, au sein même des groupes de femmes, il existe des inégalités. C’est pour cela que le Centre Novas-CALACS francophone de Prescott-Russell a choisi de se positionner et d’adopter une analyse intersectionnelle dans ses interventions féministes. L’objectif étant d’aider toutes les femmes, non pas seulement une portion d’entre elles. Prenons connaissance de nos préjugés et de nos privilèges. Utilisons nos privilèges pour se positionner en tant qu’allié.e.s. Dénonçons les injustices auxquelles des milliers de femmes font face quotidiennement, tout simplement parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau que nous ou qu’elles appartiennent à une culture différente de la nôtre. Genre Race Classe sociale Attirance sexuelle Handicap Qu ' est-ce que l'intersectionnalité? Pour approfondir votre réflexion, nous vous invitons à visionner les capsules vidéos suivantes : https://www.ted.com/talks/kimberle_crenshaw_the_urgency_of_interse ctionality?language=fr https://www.youtube.com/watch?v=NC7dbsMP9bM

juillet 2020 Qu'avez-vous appris pendant cette période de confinement ?

Juillet 2020

Qu'avez-vous appris
pendant cette période de confinement ?

Il fut un temps où les gens pouvaient se rencontrer sur la rue, se donner la main, se faire des câlins. Il était possible de faire des fêtes, de jouer aux cartes, d'organiser des rencontres familiales ou communautaires et de visiter les personnes ainées dans la résidence d’à côté. Les gens pouvaient même voyager d’un pays à l’autre, sans aucune contrainte. C’était le bon le temps. Pendant cette période, nous discutions de politique, de religion, des problèmes mondiaux, des droits des femmes, de la pollution de la planète et nous croyions que le monde allait bien parce que la bourse était à la hausse.

Puis les frontières ont été fermées et nous avons dû nous confiner, garder la distance sociale, bannir presque tous les loisirs : plus de rencontres familiales, plus de rencontres d’ami.e.s. La plupart d’entre nous vivions dans la peur d’attraper ou de ramener la COVID-19 à la maison. Plusieurs de nos personnes ainées nous ont même quitté.e.s pour un autre monde sans pouvoir nous dire adieu. Nous étions figé.e.s dans le temps !

Nous avons découvert des personnes braves et généreuses dont le travail est devenu un service essentiel : les personnes aux caisses des magasins, celles qui assurent la livraison dans les épiceries et les pharmacies, les personnes qui conduisent des camions, celles qui ramassent les poubelles. Les aides-soignant.e.s, les préposé.e.s aux bénéficiaires, le personnel infirmier et les médecins sont pour leur part devenu.e.s nos anges gardiens.

Et la vie a continué. Nous avons appris à travailler à distance et à faire des études en ligne. Nous avons aussi découvert les bienfaits du confinement : la pollution qui disparaît peu à peu, les parents qui redécouvrent une vie familiale différente, la réalisation que nos personnes ainées sont indispensables à nos vies. Nous avons redécouvert que les vraies richesses sont celles du cœur.

Depuis mars 2020, nous avons été confiné.e.s dans nos maisons. Nous avons trouvé le temps long, mais plusieurs d’entre nous ont profité de ce temps de réflexion qui nous était accordé. En avons-nous tiré des leçons ?

Arrive maintenant le temps du déconfinement. On nous explique ce déconfinement étape par étape : la réouverture de certains magasins, des parcs provinciaux, des divers services. Il faut continuer de garder la distanciation physique de 2 mètres, laver nos mains avec du savon pendant 20 secondes. Il est aussi recommandé de porter un masque quand nous sortons de chez nous, si nous pensons que le 2 mètres de distance ne sera pas respecté.

Ma première réaction est de dire : « Ça va trop vite ! » J’ai peur du retour à la normale, mais j’ai hâte aussi de retrouver les câlins de mes petits-enfants, car ils me manquent tellement.

Et vous, comment réagissez-vous ? Avez-vous appris quelque chose pendant cette période de confinement ? Avez-vous changé des choses depuis votre confinement ?

Bonne réflexion !

Le 15 juin 2020 : Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées

Image title

Je vais me permettre de vous raconter quelques souvenirs…

Je me souviens quand j’étais toute petite, ma grand-mère vivait avec nous dans ses appartements. Je sortais de chez nous, je faisais le tour de la maison et cognais à la porte de grand-mère pour avoir un biscuit et un brin de jasette pour mon plus grand bonheur.

Plus tard, beaucoup plus tard, mon père est décédé et maman a vécu toute seule dans sa maison pendant 10 ans. Jusqu’au jour où elle est allée vivre dans une résidence pour personnes âgées. Je me suis alors dit : « Bon, elle va être en sécurité. Elle va avoir de bons repas et beaucoup de gens autour d’elle pour jaser. Elle va s’amuser et jouer aux cartes. Elle n’aura pas de ménage ou de popotes à faire, un peu comme dans une colonie de vacances. »

Aujourd’hui, je réalise que j’avais tort sur toute la ligne. Du moment où elle est arrivée en résidence, les enfants et les petits-enfants ont cessé de lui rendre visite. Toutes ces personnes avaient leur vie à vivre, étaient très occupées avec le travail, leur vie sociale, leurs activités familiales. Bref, toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas aller visiter maman chaque semaine. On se disait : « Elle est confortable et bien entourée. » Mais je réalise qu’elle manquait d'un peu de notre présence.

La maltraitance des personnes âgées inclut :

  • l'abus financier 
  • les violences physiques, psychologiques ou sexuelles
  • l'abandon ou la négligence
  • l'atteinte grave à la dignité
  • le manque de respect

Cette année, avec le COVID-19, nous avons entendu parler de choses troublantes qui se passent dans certains centres pour personnes âgées et de l’absence d’intervention appropriée. Depuis longtemps, il y a un manque de personnel dans les centres réservés aux personnes âgées et il semble que nos gouvernements se ferment les yeux. Pire encore, il semble que nous fermions les yeux nous aussi. Nous sommes toutes et tous responsables. Prenons un petit moment pour réfléchir en cette journée de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées : Comment traitons-nous nos personnes âgées?

Événements à venir

Dernières nouvelles

Introduction - Série de capsules sur le bien-être

Le Centre Novas-CALACS francophone de Prescott-Russell vous présente une nouvelle série de capsules vidéo : Comment être votre propre coach de bien-être. Cette série a pour but de vous aider à comprendre et trouver des façons de gérer les stress du confinement et déconfinement. Voici une vidéo introduction pour vous donner un aperçu de ce qui est à venir!

Une nouvelle chanson pour le Centre Novas!

#solidaritéentrefemmes

Court vidéo sur Solidarité entre les femmes

Une chanson sur le consentement pour « swinger » cet été !

communiqué de presse